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Les 440 salariés de Photowatt, pionnier français du solaire, sont en redressement judiciaire. Ils connaissent la premier grande crise industrielle hexagonale des énergies renouvelables. Une aberration historique à l’heure du Grenelle de l’environnement. Les repreneurs potentiels de cette PME peuvent se manifester jusqu'au 17 janvier.
Comment en est-on arrivé là ? C'est à cause du moratoire décidé par le gouvernement sur les tarifs d’achat du solaire, en 2010, puis de sa nouvelle politique de tarification instable – elle est revue chaque trimestre –, analyse le comité d’entreprise de Photowatt. Pour les professionnels du secteur, ce nouveau cadre réglementaire a créé des conditions très défavorables à leur activité. Les procédures d’installation et de raccordement se sont allongées, puisque, à partir de 100 KW à installer, il faut en passer par un appel d’offres. « Un dossier prend maintenant entre neuf et douze mois pour aboutir », ajoute Martine Rey.
Surtout, les nouveaux tarifs favorisent les cellules fabriquées en Chine, déplore un ancien cadre dirigeant de Photowatt : « Les nouveaux tarifs d’achat sont si bas qu’ils favorisent le matériel chinois, vendus en dessous du prix du marché et même du coût de revient des fabricants. » Un comble, alors que c’est au nom de la lutte contre la concurrence chinoise que Jean-Louis Borloo, encore ministre de l’écologie, avait initié ce recadrage des règles s’appliquant au solaire. Si bien que le carnet de commandes de Photowatt encore « au trois quarts » plein fin 2010, explique Martine Rey, s’est atrophié au cours de l’année.
Article de Mediapart, 13 janvier 2012.
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