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Conseiller régional et membre fondateur de Jeudi-Noir |
Expulsion de la place des Vosges : « casse toi pauvre pauvre ! »
Place des Vosges, dans le bâtiment réquisitionné fin octobre 2009 par Jeudi-Noir, les chiens des vigiles ont donc remplacé les habitants.
Samedi 23 octobre, à 7h du matin, les CRS ont délogé les 35 étudiants et jeunes actifs qui vivaient paisiblement dans ce bâtiment depuis un an, tout en l’entretenant et multipliant les activités
culturelles et sociales.
Depuis le 23 octobre donc, une partie de ces habitants sont sans solution de logement, à la rue pour quelques-uns, et 5 vigiles gardent le lieu en permanence, pour un coût estimé de plusieurs
milliers d’euros par jour.
Quel rapport avec la région ?
Déjà, ce bâtiment emblématique avait accueilli les têtes de liste de la majorité pendant la campagne. Pour les habitants et militants de Jeudi-Noir, recevoir le soutien de Jean-Paul Huchon, Eric
Coquerel ou Cécile Duflot, c’était aussi le moyen de les entendre se prononcer sur une politique du logement ambitieuse. Plus de budget pour le logement social !
Depuis l’élection d’ailleurs, les élus de la majorité n’avaient pas renié leur soutien, notamment en soutenant massivement les habitants lors de leur procès en appel en septembre.
Et le jour de l’expulsion et les jours qui ont suivi, les élus écologistes étaient là en nombre : Emmanuelle Cosse, vice-présidente au logement à la région a ainsi négocié avec la préfecture
que les habitants puissent récupérer dans l’après-midi une partie de leurs affaires. Cécile Duflot, Augustin Legrand, Anny Poursinoff (ancienne conseillère régionale et nouvelle députée), Claire
Monod et bien d’autres sont venus soutenir les habitants.
Le parti de gauche et le parti socaliste étaient également présents. Quant à Jean-Paul Huchon, il a écrit à la préfecture pour lui demander de mobiliser les moyens de l’Etat pour contribuer au
relogement des habitants et respecter ainsi la décision de justice qui le demandait. La réponse négative du préfet est d’ailleurs un modèle du genre puisque le préfet fait référence à un article
de loi sans rapport pour écarter ses responsabilités.
A quelques jours de la trêve hivernale, il était apparement urgent d’expulser sans reloger. Peu importe la loi DALO ou l’injonction du juge !
Une réquisition symbolique pour dénoncer le désengagement de l’Etat :
Mais le rapport avec la région dépasse de loin le cas concret de ce bâtiment et des 35 galériens. En effet, les militants de Jeudi-Noir militent depuis 2006 contre le désengagement de l’Etat en
matière de logement. Ces réquisitions de bâtiment symbolique ont donc pour objectif d’alerter l’opinion publique sur la question. La crise du logement n’est en rien une fatalité, à condition d’y
mettre les moyens.
C’est ce que fait la région. Depuis 2004, la région Ile de France a décidé une part de plus en plus importante de son budget à la construction de logements sociaux, alors même que ce n’est
pas une compétence obligatoire.
Pourquoi cette priorité ? Pour remédier aux graves déséquilibres territoriaux d’une part, et pour pallier le désengagement de l’Etat, dont les aides à la
pierre diminuent comme peau de chagrin. L’essentiel du budget de l’Etat est ainsi consacré aux avantages fiscaux et aux aides à la personne, souvent inflationnistes.
A titre de comparaison, l’Etat mettra donc environ 500 millions d’euros sur la table en 2011 pour favoriser la construction de logements sociaux sur tout le territoire français, quand la
région finance quasiment 200 millions sur le seul territoire francilien.
En Ile de France, région la plus critique en matière de logement, la région est donc devenue le premier financeur de logements sociaux quand l’Etat baisse ses aides, menace de ponctionner les loyers des opérateurs HLM, ou rogne les Aides Personnalisées au Logement.
Evidemment, il n’appartient pas à la Région de se substituer à l’Etat. Mais dans l’attente d’une nouvelle politique du logement, que toutes les associations appellent de leurs vœux, la Région
prend ses responsabilités.
Cet effort sur le logement correspond d’ailleurs à l’accord de mandature de consacrer 1 milliard d’euros sur la mandature, soit 250 millions d’euros par an.
A suivre lors du débat
budgétaire !
Les billets d'humeur des élus à la Région Ile-de-France : Ghislaine Senée
Les billets d'humeur des élus à la Région Ile-de-France : Cécile Duflot
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