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Dans un article du Monde du 18 février, intitulé "L'UE a aussi entretenu des relations ambiguës avec le président déchu" (Ben Ali), Philippe Ricard cite Hélène Flautre, eurodéputée écologiste :
"L'Union européenne a considéré que l'on pouvait faire semblant de coopérer, (...) or la corruption n'est pas le développement économique, et la dictature policière, pas la sécurité". Elle déplore notamment l'assistance financière apportée par l'UE à la "modernisation" du système judiciaire tunisien, considéré comme l'un des piliers répressifs du régime déchu. Les trois quarts du soutien financier fourni à la Tunisie - entre 80 et 90 millions d'euros par an - a pris la forme d'une aide budgétaire, gérée par le régime plutôt que par les ONG. Et les rares fonds destinés à soutenir la société civile ont été bloqués par les autorités tunisiennnes.
Au passage, Mme Flautre regrette que le Parlement européen, qui joue certes un rôle secondaire en matière de relations extérieures, n'ait jamais été en mesure de vraiment hausser le ton contre les dérives du régime Ben Ali.
Dans l'Hémicycle, les élus de droite comme de gauche n'ont pas suivi, à quelques exceptions près, les demandes régulières, en ce sens, venues des rangs écologistes et de l'extrême gauche. Lors d'un débat sur le "statut avancé", en 2010, Dominique Baudis (eurodéputé UMP et président de l'Institut du monde arabe) avait lancé : "Bien des pays pourraient envier les résultats" de la Tunisie.
Pour tourner la page des années Ben Ali, les élus demandent désormais le départ du chef de la délégation de l'Union européenne à Tunis, le Néerlandais Adrianus Koetsenruijter : "C'est l'homme qui a collaboré jusqu'au bout avec le régime de Ben Ali, sans parler des violations des droits de l'homme", juge Hélène Flautre.
Mais l'appel est resté vain : Lady Ashton a fait savoir que l'intéressé avait "rempli pleinement sa mission".
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