Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 15:43

Vanves est réputé pour ne pas avoir de foncier. Pendant les campagnes électorales, le Maire aime bien accuser les élus écologistes de vouloir bétonner les quartiers pavillonnaires. Il l'avait déjà fait pendant les municipales de 2008, et nous nous étions expliqués là-dessus en août 2009 : Densifier, oui, mais au profit de qui? Le maire vient de récidiver pendant les cantonales. Mais il ne s'est pas privé, lui, de bétonner depuis 2008! En trois ans, Vanves compte au moins 12 immeubles de plus. Trois ont un profil particulier : un immeuble de 43 logements de fonction pour militaires  à l'angle des rues Sadi Carnot/Danton, la maison-relais de la rue d'Issy et le futur EHPAD de la rue Marcheron. Les 9 autres sont l'oeuvre de promoteurs proposant pour la plupart des investissements défiscalisants type lois Scellier et Bouvard, soit 144 appartements et 504 studios étudiants.

Des logements-placements immobiliers défiscalisés 

adesse nom promoteur

nombre

logements

nombre

appartements

logements

 étudiants

état

d'avanvement

25 rue Marcheron       12   habité?
27/35 rue Jean Bleuzen

Les Lauréades

côté 15°

COGEDIM 227 29 198

gros oeuvre

achevé

36/42 rue Marcheron

rue René Coche

Villa de la gare

Carré St Rémy

Les Lauréades

COGEDIM 248 38 218

gros oeuvre

 achevé

26 rue Marcheron

rue Diderot

Villa de la gare

  SOFIAM 88   88

démarrage

 travaux

11 rue Larmeroux

allée Verne

  FITEC 10

1 maison

+ 9 appart

  travaux
50 rue Mary Besseyre   EDDI 6 6    

20 rue de la République

place de la République

Le clos St Rémy OGIC   26   livré 3°trim 2012
53 rue Marcheron Coeur de ville EDDI   7   promotion
177 av Gal de Gaulle Villa Montholon EDDI 16

14 appart

2 duplex en rez de jardin

  promotion
Total       144 504  

Rue Aristide Briand, un gros projet de résidence hôtelière de 120 chambres a été annulé après la mobilisation et le recours des riverains.

La plupart des logements en construction sont chers. Les prix dépassent le plus souvent 6000 € le m2. Les logements pour étudiants sont nombreux. Normal : on vient de détruire 548 logements étudiants de la résidence Jean Zay d’Antony. Ces investissements avantageux sont encouragés par la loi Bouvard. Ils n'ont rien de social : les loyers qui seront pratiqués (600 ou 700 € par mois?) sont loin des 140 à 220 € par mois des logements détruits à Antony.

Pas assez de logements sociaux

Il n'y a pas de construction de logements sociaux sauf l'aubaine d'initiatives venues de congrégations religieuses qui permettent de loger des populations ayant des besoins spécifiques : maison-relais pour personnes handicapées construite par l'association Simon de Cyrène sur des terrains appartenant aux Bénédictines du prieuré Sainte Bathilde, rue d'Issy, EHPAD (Etablissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes) et chambre d'hôtes (27) sur le terrain appartenant aux Jésuites au 15 rue Marcheron. Une convention APL en cours permettra aux résidents de bénéficier des aides au logement et les logements pourront être comptabilisés en logements sociaux au titre de la loi SRU.

Grâce à ces initiatives, et malgré le grand nombre de logements non sociaux récemment construits, Vanves va pouvoir garder un pourcentage de logements sociaux convenable. Le Maire est satisfait de dire que les logements sociaux représentent 23,68% du parc locatif, soit 2 975 logements. Certes, Vanves dépasse le minimum obligatoire de 20% en dessous duquel la ville aurait à payer une amende, mais il s'agit d'un minimum. Pour apporter une solution à la crise du logement en Ile de France, et contribuer à une répartition moins inégalitaire des logements sociaux sur son territoire, la Région a, dans le SDRIF (Schéma directeur de la Région Ile de France), fixé ce seuil à 30% dans les Hauts de Seine. Et le PLH (Programme local de l'habitat) d'Arc de Seine prévoit que Vanves doit construire 10 logements sociaux par an de 2009 à 2013. Ces objectifs sont toujours valables, comme le PLH d'Arc de Seine, tant que le PLH dont GPSO a lancé l'élaboration en décembre 2009 ne sera pas écrit.

A Vanves, les loyers du parc privé sont très chers : le plus souvent au dessus de 18€ le m2, et jusqu'à 28 €, charges comprises. Les habitants des logements sociaux sont donc plus ou moins obligés d'y rester, même s'ils sont touchés par les surloyers de la loi Boutin. Le taux de rotation dans le parc HLM est par conséquent très faible et la liste des demandeurs est longue. Ils étaient 964 en 2008, et s'ils n'étaient plus que 916 en 2009, c'est parce que la Ville a radié 262 demandeurs pour absence de mise à jour de leur part. Le taux de renouvellement des dossiers est de 76.63%. 309 dossiers ont plus de trois ans d’inscription soit 33.73%.

Très peu d'efforts sont prévisibles en faveur du logement social. Dans le PLU (Plan local d'urbanisme) qui vient d'être voté, la municipalité ne peut obliger les promoteurs à réserver 25% de leurs progammes à des logements sociaux que dans une seule zone représentant 19% du territoire de la commune : c'est la zone UAb regroupant les axes structurants et les pôles de centralité (PLU, documents réglementaires, annexe 1 page 103).

Performances énergétiques des bâtiments.

Rien à signaler non plus pour l'efficacité énergétique des nouvelles constructions. On souhaiterait que les architectes et les promoteurs innovent quand ils bâtissent du neuf. Il n'en est rien, sauf pour la Villa Montholon, immeuble avec deux maisons de ville qui sera BBC (bâtiment basse consommation), mais fort cher: Le PLU a lui même été trop timide. Voir nos critiques au moment de son élaboration.

Quelques efforts sont cependant à signaler dans la réhabilitation de l'ancien. Il est difficile de savoir ce qui se passe dans le parc HLM : la Ville ne possède pas de logements HLM, mais 588 logements lui sont réservés par les différents bailleurs sociaux, soit près de 20% des 2975 logements disponibles. On aimerait qu'elle incite les bailleurs sociaux à améliorer les performances énergétiques de leurs bâtiments, mais personne ne communique là-dessus , ni la Ville, ni les bailleurs sociaux, ni les copropriétés. Quand il y a par exemple, un gros chantier de ravalement, les panneaux obligatoires n'indiquent pas si ces travaux s'accompagnent d'isolation et le Vanves-infos se contentent de saluer ces travaux "qui embellissent la ville". Ce serait pourtant une occasion, parmi d'autres, pour rappeler que nous sommes engagés avec GPSO dans une démarche Plan Energie climat et qu'il y a urgence à diminuer nos consommations d'énergie et nos émissions de gaz à effet de serre.

Il en va de même pour l'OPAH St Rémy. Grâce à ce dispositif et aux efforts du Pact Arim, les copropriétaires et les bailleurs privés sont incités à améliorer les performances énergétiques de leur logement en changeant de chaudière, et en faisant des travaux d'isolation (fenêtres, toitures, ravalement). Le Département, GPSO et l'ANAH (Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat) subventionnent aux côtés de la Ville, qui n'a pas beaucoup dépensé pour cette opération, aussi intéressante soit-elle : 31 000 € de septembre 2007 à janvier 2010 et 40 000 € de dotation prévisionnelle pour 2010. Dans la présentation de l'OPAH aussi, la Ville oublie de parler de l'intérêt écologique des travaux, des économies d'énergies et des économies tout court.

L'hébergement d'urgence

C'est une obligation pour la ville. Vanves devrait avoir 26 places. Après plusieurs questions orales et écrites, nous avons fini par avoir des éclaircissements. La Ville a fait des acrobaties et évite l'amende de la préfecture grâce aux associations et à GPSO.

 

Claire Papy, conseillère municipale, groupe Verts, Associatifs, Citoyens

Publié dans : Les actions à Vanves
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