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Au Conseil régional d'Ile-de-France, les débats sont instructifs et parfois même amusants. On le sait, les Conseils régionaux sont propriétaires des lycées, c’est une de leurs compétences obligatoires. Lors du dernier débat sur l'amélioration de la vie lycéenne, le groupe politique Nouveau Centre a proposé par la voix de son président Laurent Lafon, Maire de Vincennes, un amendement pour que soient proposés immédiatement 20 % de bio dans les menus des cantines de tous les lycées de la Région. L'amendement demandait en outre que les aliments bio soient produits de préférence en proximité géographique. C'était une proposition hardie car la situation actuelle est qu'il y a bien trop peu de production vivrière bio en Ile-de-France où l'alimentation bio dans les cantines reste limitée. Dans sa commune, le Maire de Vincennes dit vouloir porter à 20 % de bio les menus des cantines des écoles qui en effet sont de la responsabilité communale. Le Maire de Vincennes est donc cohérent avec lui-même. Celui qui l'est moins, c'est un autre maire du même groupe politique, Nouveau Centre : Bernard Gauducheau, car c’est de lui qu’il s’agit, soutient par définition la proposition de son président de groupe, mais que propose-t-il à Vanves? Dans les cantines des écoles de sa propre ville, l'offre en bio se limite à un produit par semaine et le maire n'a aucunement manifesté l'intention de la développer.
Après une discussion animée pour savoir si l'objectif des 20% de bio seraient visés « immédiatement » ou simplement « rapidement », la Région suivit la proposition de notre élu, Marc Lipinski, en décidant que ce serait « très rapidement ». Au-delà de ces subtilités sémantiques, l'enjeu est de développer une demande suffisante et durable pour que les agriculteurs franciliens soient convaincus qu'il est pertinent pour eux de prendre une décision qui les engage sur le long terme: celle de passer à une production bio. Car si c'est un pari gagnant sur l'avenir, c'est aussi dans le court terme un effort majeur pour chaque agriculteur que d'abandonner ses méthodes conventionnelles, intensives, pratiquées à coup d'engrais et de pesticides, avec des émissions toujours croissantes de gaz à effet de serre et des effets néfastes sur la santé et l'environnement. Il est donc de la responsabilité de chacune et chacun de promouvoir partout où c'est possible une demande d'une alimentation de qualité produite en bio et à proximité.
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